Le sport santé en attente d’une stratégie nationale

Le sport santé en attente d’une stratégie nationale

Publié le 04 février 2019

L’inscription dans la loi du 20 janvier 2016, dite « de modernisation de notre système de santé », de la possibilité pour les médecins de prescrire une activité physique et sportive à leurs 10 millions de patients atteints d’une affection de longue durée (ALD), avait fait l’effet d’une bombe. Notre système de santé allait-il donc prendre en charge une partie du coût financier de la pratique sportive, quand celle-ci est justifiée par des fins préventives ou thérapeutiques ?

C’était faire fi du contexte des finances publiques. De remboursement, il n’était pas question, seulement d’encouragement. Ce qui ne veut pas dire que rien n’a bougé depuis lors. Un questionnaire adressé aux 4 720 médecins de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) Auvergne-Rhône-Alpes montre que la proportion de ceux qui prescrivent de l’activité physique à leurs patients a quasiment doublé depuis le vote de la loi, passant à 26,8 %.

Dispositifs locaux

Le retentissement de cette mesure, quoique seulement incitative, a fait bouger les mentalités. Quelques acteurs n’avaient pas attendu la loi et avaient pris les devants. C’est le cas de la ville de Strasbourg, qui a lancé dès 2012 son dispositif sport-santé sur ordonnance,grâce auquel plusieurs centaines de personnes atteintes de maladies chroniques et possédant une prescription médicale ont pu bénéficier d’une prise en charge totale la première année de pratique d’une activité physique, et d’une prise en charge partielle les deux suivantes.

Certaines mutuelles et associations lui ont emboîté le pas. C’est le cas également de plusieurs dizaines de municipalités, rassemblées dans un groupe de travail national des villes sport-santé sur ordonnance. En mars 2018, celui-ci a appelé le gouvernement à « un acte politique fort », lui demandant de « se projeter vers la reconnaissance pleine et entière de l’activité physique adaptée comme un axe structurant de la politique de santé et du sport en France ». Ce sera l’un des sujets abordés, jeudi 31 janvier, au casino de Balaruc-les-Bains (Hérault), lors du Forum Sport & Santé organisé en partenariat par Le Monde et la communauté d’agglomération Sète Agglopôle Méditerranée.

La pression monte car c’est dans les mois qui viennent que devrait être dévoilée la stratégie nationale sport-santé, élaborée conjointement par les ministères des sports et de la santé. Ce pourrait être l’occasion de concrétiser l’une des promesses de campagne d’Emmanuel Macron : la création de maisons du sport-santé, qui devraient faciliter la pratique sportive pour des personnes atteintes d’affections lourdes ou désireuses de reprendre une activité physique.

Pour en savoir plus: Le sport santé en attente d’une stratégie nationale

Source: Le Monde, 30/01/2019

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