Constituer un board stratégique, une étape clé pour la réussite d’une start-up

Bien que trop souvent négligée lors de la création d’une start-up, la constitution d’un board stratégique s’avère être un élément déterminant dans le bon développement de l’entreprise. Une étude menée par Techstars révèle ainsi que les start-ups ayant un board stratégique lèvent en moyenne 7 fois plus de fonds que celles qui n’en ont pas ! Cet article a pour objectif de présenter les bases de l’intégration de ce comité consultatif à votre start-up.

Qu’est ce qu’un board stratégique et/ou scientifique et qui le compose ?  

Le board ou comité stratégique est généralement constitué d’experts pouvant challenger le dirigeant de la start-up, grâce à leur expertise technique poussée et /ou leur vision stratégique du marché. Profils plutôt seniors, ils apportent en général également leur réseau étendu ce qui permet de faciliter notamment l’accès à des investisseurs. A l’inverse d’un comité d’administration, les membres de ce comité n’ont pas de pouvoir /obligation juridique ; il s’agit d’un comité consultatif qui n’a qu’une fonction de conseil actif dans la vie de la société.

Au-delà des expertises des membres, la confiance et la transparence mutuelle que doivent se témoigner dirigeant et board stratégique est clé pour assurer une bonne qualité d’échange.

La qualité d’un tel comité réside donc dans sa capacité à challenger profondément le dirigeant et sa présence peut rassurer des investisseurs, qui répercutent la présence d’un adboard sur la valorisation de la société.

Quels facteurs clés de succès concernant la mise en place et la structuration du board ?

  • Les profils à intégrer dans ce board vont devoir évoluer tout au long du développement de la start-up pour s’adapter à ses besoins et enjeux ; il peut être donc clé de fixer une durée d’engagement de prime abord avec les membres du board afin de pouvoir renouveler régulièrement les expertises qui le constituent.
  • La régularité des réunions du comité est clé afin de pouvoir challenger régulièrement les prises de décision du dirigeant ; une réunion trimestrielle de 2 à 3h est considérée comme une fréquence adaptée.
  • Disposant d’un temps donc relativement limité, la préparation de ces réunions est un facteur clé de réussite. Une bonne pratique consiste à envoyer en amont de la réunion (à minima une semaine avant) un ordre du jour ainsi que les questions clés sur lesquelles le dirigeant veut faire réfléchir ses membres.
  • Afin de permettre une totale liberté d’échange, certains comités se réunissent à huis clos en fin de réunion afin de pouvoir échanger plus librement, sans la présence du CEO, puis restituent leur opinion à celui-ci.
  • Pour optimiser le temps de chaque membre, il est également possible de créer des sous-comités du board en effectif restreint afin d’adresser des problématiques plus spécifiques.

La rémunération du comité stratégique : une question épineuse pour le dirigeant ?

La rémunération ou non d’un tel board stratégique est dépendante de la situation de l’entreprise. En effet, si rémunérer un membre l’engage de manière plus efficace et permet également de mobiliser des experts renommés ; il est parfois difficile voire impossible pour de jeunes start-ups en attente de financement de le faire, le montant de participation à une réunion pouvant s’échelonner de quelques centaines à millier d’euros par membre.

Il est donc également possible de rémunérer ce temps en échange en BSA (bons de souscription d’action) ou de BSPCE (Bons de Souscription de Parts de Créateur d’Entreprise). Cette option fréquemment privilégiée par les jeunes start-ups à court terme peut représenter cependant un danger au moment de la sortie des membres du board.

Quel que soit le mode de rémunération choisi, il est clé de comprendre que la constitution d’un comité doit être vue non pas comme une dépense additionnelle mais plutôt comme un investissement au regard de la valeur qu’il génère par ses conseils, et dont le retour sur investissement peut être rapide compte tenu de l’impact qu’il peut avoir dans une levée de fonds !

Comment recruter des membres de board ?

La plupart des dirigeants s’appuie de manière quasi exclusive sur leur réseau (incubateur, pôle de compétitivité, LinkedIn, réseau des premiers membres de board…) pour trouver les profils idéaux. En parallèle, il existe des outils comme par exemple la plateforme TANGO de BPI (https://www.lesdeeptech.fr/devenir-advisor/), mettant en relation des porteurs de projets avec une communauté d’advisors volontaires. Plusieurs cabinets spécialisés se sont également lancés dans cette mise en relation.

En conclusion, constituer un comité stratégique le plus tôt possible dans la vie de sa start-up est clé pour son orientation stratégique. Gardez en tête que si l’idée est à la base de tout projet, l’exécution par la bonne équipe est finalement le vrai facteur de réussite !  

Article rédigé par :

Dorothée GUERAS – TRICART
Responsable Pôle Biotech et One Health

Responsable pôle biotech et one health

Diplômée d’AgroParisTech, Dorothée a plus de 10 ans d’expérience dans la gestion de projets Santé, d’abord aux Nations Unies puis dans un cabinet de conseil spécialisé en Innovation. Aujourd’hui, Dorothée accompagne les start-ups Santé et notamment Biotech chez Eurasanté.
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