Investir en pré-seed : les jalons qui font la différence – L’oeil de l’expert

Présentation de R3E 

R3E, créé comme un lieu d’échanges et de réflexions en 2009, s’est transformé en club d’investissement en 2013. R3E se définit avant tout en quatre mots (réflexions, échanges, et expériences entrepreneuriales) et une volonté : Investir dans des sociétés qui apportent de la valeur ajoutée au territoire des Hauts de France. Nous ciblons tous les projets de création, de développement, ou de reprise d’entreprise produisant, ou développant des produits ou des services idéalement novateurs et créateurs d’emplois dans la région Hauts de France. En 2024, R3E a renforcé son collectif avec l’intégration de nouveaux associés aux différents profils tournés vers le monde de l’entrepreneuriat et de l’investissement.

Pour mieux comprendre les critères d’analyse et les attentes actuelles des investisseurs en pré-seed, nous avons interrogé Bruno Goethals, associé au sein de R3E.

  • Dans le cadre d’un dossier pré-seed, quels sont selon vous les 2 à 3 jalons clés qui doivent impérativement être financés et sécurisés avant toute décision d’investissement ?

Le jalon numéro 1 est la validation du marché et du produit (Product-Market Fit). Sans preuve que le besoin réponde à un besoin réel et des clients qui ne seraient pas prêts à payer, aucun investisseur ne prendrait de risque. Pour le sécuriser, une étude de marché avec des données quantitatives (enquêtes, interviews) et qualitatives (retours clients) est une condition. Une version fonctionnelle même basique MVP (Minimum Viable Product) permettra de tester l’adoption. Enfin, les premières ventes ou lettres d’intention tels que des contrats pilotes, pré-commandes ou engagements écrits de clients semblent incontournables. Le budget typique est de 10 à 30% du montant total recherché en pré-seed. 

Ensuite, le jalon suivant serait que les investisseurs parient sur une équipe fondatrice complète et engagée autant que sur l’idée. Une équipe incomplète ou non engagée est un red flag. Comment le sécuriser ? Engagement à temps plein de tous les cofondateurs, voire à quitter leur emploi si nécessaire. Une complémentarité des compétences tant technique, commerciale, opérationnelle semble évidente. Les accords juridiques (pacte d’associés, vesting des actions, clauses de non-concurrence) devront être précisés. Les salaires de subsistance pour 6 à 12 mois (souvent 20-40% du montant recherché) représentent ici le budget typique. 

Enfin sans protection, la startup devient vulnérable à la copie ou à la concurrence. Dépôts de brevet (si applicable) ou protection des algorithmes, designs et marque sécurisent le projet. Des contrats de confidentialité avec les partenaires et employés, la technologie exclusive (code-source, bases de données ou savoir-faire protégé) complèteront le dispositif. À noter que 5 à 15% du montant recherché (selon la complexité juridique) correspondraient au budget typique. 

Le bonus serait une roadmap, une feuille de route réaliste et chiffrée pour rassurer la future levée de fonds des investisseurs 

  • Si vous ne deviez donner qu’un seul conseil à des fondateurs pour rester attractifs auprès des investisseurs en 2025, tout en évitant les écueils les plus fréquents, lequel serait-il ? 

Se concentrer sur la démonstration d’une croissance saine (durable et pas seulement rapide)  et scalable soutenue par des métriques claires (trajectoire vers la rentabilité) et d’une gestion rigoureuse des coûts (ne pas étouffer l’innovation, capacité à survivre aux cycles difficiles)  sans condamner la vision à long terme. Adopter une valorisation qui soit dans les normes actuelles, acceptables, et éviter de présenter des objectifs inatteignables. 

  • En 2025, quel est le principal “signal d’alerte” qui vous conduit à interrompre — ou à ralentir significativement — l’analyse d’un dossier, quel que soit le secteur ? 

C’est la correspondance entre la viabilité économique et la crédibilité de l’équipe. Le problème de marché non validé avec l’absence de preuve de traction ainsi que l’étroitesse ou la saturation du marché par des acteurs établis fragilisent les perspectives durables du dossier. La prise de risque d’investisseurs pré-seed, qui financent des idées souvent non éprouvées avec un potentiel disruptif, est trop élevée dans l’innovation de rupture et la startup de second rang. 

Bruno GOETHALS

Associé au sein de R3E

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