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M. Michel STOCK

M. Michel STOCK
SNR

Directeur régional

M. STOCK, pouvez-vous nous présenter succinctement votre entreprise et ses activités?

SNR est une société spécialisée dans l’édition de logiciels, la mise en œuvre et l’exploitation de Systèmes d’Information médicaux, pour réseaux de santé et établissements de soins, ainsi que de serveurs de résultats biologiques et radiologiques. Ces dernières années nous avons aussi beaucoup investi pour développer notre activité liée au Dossier Médical Personnel ; activité en laquelle nous croyons beaucoup.
L’entreprise emploie aujourd’hui une cinquantaine de salariés à travers ses deux sites basés à Paris et sur le parc Eurasanté ici à Lille. Grâce à notre actionnaire majoritaire, le groupe GRED, un des leaders de l’informatique médicale en France, des investissements massifs ont été réalisés ces deux dernières années. Aussi, nous proposons un panel de composants allant des connecteurs (XDS, CDA…) aux kits de connexion au DMP pour professionnels de santé et établissements de soins.

 

 


Comment s’est construit le développement de SNR ?

La société s’est notamment construite sur le regroupement de deux entités spécialisées dès la fin des années 1990 dans le partage des données de santé. SNR a ainsi mis en place un dossier médical sur Internet en Ardèche méridionale au sein d’un réseau, le RIPAM, le Réseau d’Information Patient de l’Ardèche Méridionale, fruit de 4 années de préparation.
Les patients de ce bassin de population ont ainsi pu bénéficier dès mai 2004 d’un réel dossier médical partagé par les hôpitaux, cliniques, laboratoires, médecins désignés par leurs soins. Pour les professionnels de santé, il ne leurs faut que 2 mn à 2 mn 30 pour se connecter et créer un dossier. Le système a été créé de façon à ce qu’ils puissent renseigner l’ensemble des détails concernant leur patient sans double saisie entre leurs logiciels métiers habituels et le dossier RIPAM grâce à un module d’imprimante virtuelle permettant d’exporter les données vers le DMP. Les médecins et professionnels de santé peuvent ainsi très facilement échanger et mettre à dispositions de leurs confrères leurs comptes-rendus, résultats d’examens, etc.

 

Dans le même temps Planet HC se développait à Lille sur le parc Eurasanté. Issu de travaux de recherche du CHRU de Lille, Planet HC permettait via une plateforme dénommée RITHME de faciliter la communication entre médecins de ville et les hôpitaux en assurant un suivi dématérialisé des patients en permettant notamment le partage de comptes-rendus d’hospitalisation. Les deux sociétés se sont donc rapprochées pour atteindre une taille critique nécessaire pour survivre et se développer sur ce marché. L’expertise et les fonctionnalités développées par Planet HC avec RITHME, telles la saisie en ligne de formulaire Pires, la messagerie sécurisée, le webmail santé et le moteur d’indexation sont venues s’ajouter et enrichir les fonctionnalités du DMP de SNR, qui préfigurait déjà le DMP tel qu’il est proposé aujourd’hui.

 

 


Aujourd’hui comment se traduit le développement de votre activité DMP ?

L’expérience réussie du premier DMP opérationnel en France via le réseau RIPAM a fait de nous un acteur crédible dans la mise en place d’un Dossier Médical Personnel. Nous avons ainsi été sollicité par France Telecom pour intégrer le consortium, composé également des sociétés IBM et Cap Gemini, afin d’apporter notre expertise métier du DMP. Nous avons répondu dans le cadre de ce groupement à l’appel d’offre du GIP DMP. Comme 5 autres consortiums nous avons été retenus pour mener les phases d’expérimentation du dossier médical personnel sur le terrain. Celles-ci doivent nous permettre d’une part de concevoir l’ordonnancement des systèmes d’information de santé autour du DMP et permettre d’autre part aux professionnels de santé et aux patients de s’approprier l’outil.

 

 


Quel est votre rôle au sein de ce consortium dans la mise en place des phases d’expérimentation ?

Concrètement notre rôle consiste à développer l’outil et à l’expérimenter sur ses aspects métiers. L’ensemble des données est ensuite hébergé chez France Télécom sur des machines IBM. Nos équipes dédiées au développement du DMP sont basées ici à Lille pour tirer profit au maximum des compétences régionales en la matière. Ainsi, ce sont 12 personnes qui travaillent à son développement et 6 à son déploiement.
Nous avons défini sur Armentières un terrain sanitaire représentatif de la population et sur lequel nous sommes chargés de déployer l’outil et de relever ses lacunes et tout disfonctionnement éventuel. L’intérêt est de se rapprocher au maximum de la réalité, d’éprouver l’outil sur tous les types de situations possibles afin de relever un maximum d’améliorations à apporter à l’outil pour ses utilisateurs.
Une centaine de médecins généralistes va ainsi proposer à leurs patients de disposer s’ils le souhaitent d’un DMP. 3000 à 5000 dossiers patients devraient ainsi être créés et alimentés sur ce bassin de population.

 

 

 


Les différences des équipements des généralistes ne constituent-elles pas un frein à la généralisation du DMP ? Et comment est accueilli le DMP : faites-vous face à des réticences de la part des professionnels de santé et des patients ?

Le niveau des équipements est, de manière générale il est vrai, très disparate selon les médecins généralistes. Ce qui pourrait représenter un problème. Cependant notre solution DMP a été conçu de manière à ce que les médecins puissent continuer à utiliser leur logiciel de gestion et sans double saisie des données destinées pour le DMP. Un module d’imprimante virtuelle permet en effet de sélectionner les informations à exporter vers le DMP. Pour les médecins qui n’ont pas informatisé leurs dossiers patients, les données peuvent être directement saisies sur une interface web sécurisée dédiée. On ne peut donc pas parler de frein. La phase d’expérimentation est d’ailleurs très bien accueillie en région. Certaines réticences, il y en a quelques unes, pourraient être expliquées par le fait que c’est le médecin généraliste qui sera le gestionnaire du DMP. D’où des inquiétudes de leur part quant à de possibles recours judiciaires des patients sur l’utilisation de leurs données qui en sera faite. Mais globalement, ces réticences sont très minoritaires et la majorité des professionnels de santé acceptent de participer. Ils se sentent notamment plus impliqués car ils sont mis à contribution en amont de l’application dans cette réforme et de sa généralisation.
Ainsi, sur les 189 médecins généralistes répertoriés sur le territoire sanitaire, nous avons rendu visite à 149 d’entre eux et 105 se sont portés volontaires. Les 8 laboratoires visités ont tous acceptés et la très large majorité des officines et infirmières ont également souhaité participer.
Il faut dire également que les patients sont très désireux de disposer de leurs propres DMP dont ils ont entendu parler. Ainsi, il faut savoir aussi que 78% des français se disent convaincus de l’utilité du DMP.

Quelles sont les prochaines étapes ?

La phase d’expérimentation a en fait été lancée officiellement le 1er juin dernier. Il s’agit donc actuellement d’équiper l’ensemble des médecins volontaires et établissements de soins du matériel nécessaire pour se connecter au portail et effectuer le paramétrage adéquat. Un déploiement qui devrait, compte tenu de la période estivale, s’étaler jusqu’en septembre. La phase d’expérimentation durera jusqu’au mois de décembre.
Parallèlement, nous mènerons la phase d’évaluation afin de retirer tous les enseignements produits par cette expérimentation. Nous devrons pendant cette période nous confronter à un maximum de difficultés, dans un environnement le plus proche possible de la réalité afin d’être prêt pour le lancement officiel du DMP et une généralisation qui est prévue pour juillet 2007.

 


Propos recueillis en juin 2006

www.snrm.fr

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