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Dr Rémy HANF

Dr. Rémy HANF
GENFIT

Directeur Scientifique, Développement Produits

Dr. Hanf, pourriez-vous définir en quelques mots l’activité de Genfit ?

GENFIT, qui est installée sur le parc Eurasanté depuis sa création en 1999 et emploie actuellement environ 120 salariés, se concentre sur la découverte de nouveaux médicaments que ce soit au travers d’accords de recherche avec des grands groupes pharmaceutiques (Sanofi-Aventis, Solvay, Laboratoires Servier) ou pour son compte propre avec le développement de candidats médicaments propriétaires. Notre activité est centrée sur le diagnostic précoce, la prévention et le traitement des maladies chroniques cardiométaboliques telles que le pré-diabète et le diabète, les dyslipidémies, l’athérosclérose ou l’obésité et les maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

 

A quels enjeux de santé publique Genfit souhaite-t-elle répondre ?

Grâce à son expertise scientifique reconnue dans le domaine des récepteurs nucléaires, GENFIT s’attaque à des enjeux de santé publique majeurs et cherche à répondre à des besoins médicaux encore insatisfaits.

GENFIT concentre donc  ses efforts dans des domaines thérapeutiques aux enjeux considérables. En particulier, l’épidémie mondiale d’obésité actuelle prédit une augmentation parallèle du nombre de cas de diabète de type 2 et de toutes les co-morbidités associées. En effet, le diabète de type 2 reste un risque majeur d’athérosclérose, d’infarctus du myocarde ou d’accident vasculaire cérébral. C’est aussi la première cause d’insuffisance rénale, de cécité ou d’amputation des membres inférieurs dans des pays industrialisés comme la France. On estime que le diabète de type 2 touche actuellement plus de 200 millions de personne dans le monde ! Les thérapeutiques actuelles ne traitent pas tous les risques cardiométaboliques et toutes les pathologies associés au diabète. Il n’est alors pas étonnant de constater que toutes les autorités de santé, et en particulier l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) considèrent la prévention et le traitement du diabète de type 2 comme une priorité de santé publique mondiale.

La maladie d’Alzheimer touche elle près de 10% des plus de 65 ans en France et on estime que d’ici 2020, près de 1,3 million de personnes seront atteintes, soit un quart des plus de 65 ans. Reconnue Grande cause nationale 2007 en France, cette maladie touche 25 millions de personnes dans le monde.

 

Quel est votre rôle au sein de Genfit ? Comment s’articule le travail de vos équipes ?

J’occupe les fonctions de Directeur Développement Produits au sein de GENFIT depuis 2003. A ce titre je gère avec mon équipe l’ensemble des opérations de développement pré-clinique et clinique. Pour être plus précis, nous intervenons après optimisation et sélection de la molécule « phare » par les équipes de recherche de GENFIT. Pour faire simple, l’objectif est de transformer ce qui n’est encore à ce stade qu’un outil pharmacologique en un candidat médicament ayant démontré une activité thérapeutique chez l’homme.

Il est bien évident que toutes les études de développement ne sont réalisables que si nous disposons du principe actif en qualité et en quantité suffisante. De plus, il faut disposer d’une forme administrable chez l’homme. Un spécialiste du développement pharmaceutique (optimisation du process de synthèse du principe actif, développement et production des unités thérapeutiques pour les études cliniques, spécification produit…) est donc plus particulièrement chargé d’assurer le développement et la production des différents lots.

Les autres membres de l’équipe mettent en place et suivent les études de toxicologie animales dans différentes espèces, les études de pharmacologie de sécurité et les études de pharmacocinétique et d’ADME (Absorption, Distribution, Métabolisme, Elimination). Ces études de développement pré-clinique répondent bien sûr aux normes qualité et aux recommandations émises par les agences réglementaires qu’elles soient, Française (AFSSAPS), Européenne (EMEA) ou américaine (FDA).  Pour l’essentiel, nous faisons appel à des prestataires externes spécialisés en France et en Europe pour réaliser ces études.

Pour toutes nos activités cliniques, nous collaborons étroitement avec la Société NATURALPHA, située elle aussi sur le parc Eurasanté, et dont l’expertise clinique dans nos domaines thérapeutiques nous est extrêmement profitable. Nous supervisons avec eux les premiers essais cliniques de Phase I chez le volontaire sain. Ces essais sont réalisés dans des centres cliniques spécialisés principalement en France. Ils ont pour but de s’assurer de la sécurité d’emploi de la molécule chez l’homme et de préciser les doses qui seront utilisées en phase II chez le patient. Enfin, nous mettons en place des essais cliniques de phase II cherchant à démontrer l’efficacité thérapeutique et la sécurité d’emploi du candidat médicament chez le patient cible. Ce sont généralement des études multicentriques internationales menées auprès de centres hospitaliers et/ou de médecins généralistes.

 

Les taux d’attrition et les process de R&D du médicament sont extrêmement longs et GENFIT est une société encore jeune. Avez-vous déjà une molécule issue de votre recherche qui a atteint la phase II ?

Le développement d’un nouveau médicament est effectivement un exercice long et risqué. Pour limiter les risques d’attrition et réduire les temps de développement GENFIT a mis en place des plateformes technologiques pour la sélection en amont des molécules présentant a priori le meilleur rapport efficacité/sécurité. Le composé le plus avancé de notre pipeline, le GFT505 est directement issu de cette approche.

Le GFT505 est une molécule destinée au traitement global du risque vasculaire rencontré chez le patient pré-diabétique et ou diabétique. Après avoir franchi toutes les étapes de développement pré-clinique et avoir démontré sa sécurité d’emploi au cours des études de Phase I,  le GFT505 vient d’apporter en phase IIa la preuve de son efficacité thérapeutique chez le patient présentant une dyslipidémie athérogène et une obésité abdominale. Non seulement le GFT505 améliore les lipides plasmatiques mais aussi il réduit l’état pro-inflammatoire et améliore la fonction hépatique de ces patients sans induire d’effet secondaire. D’autres études cliniques pilotes sont en cours et devraient apporter de nouvelles preuves d’efficacité du GFT505 au cours du premier trimestre 2010.

 

Le Parc Eurasanté propose une proximité immédiate avec certains acteurs académiques ou industriels, comment mettez-vous à profit l’environnement d’affaires offert par le Parc Eurasanté ?

Nous sommes au cœur même du Parc Eurasanté, et depuis sa création, GENFIT a noué des liens très forts avec plusieurs équipes de renom international du CHRU Lille, de l’Université de Lille 2 ou encore de l’IPL ou de l’UST Lille 1. Plus généralement, l’excellence universitaire de la région dans des domaines pathologiques stratégiques pour la société représente un véritable atout dans la compétition internationale dans laquelle nous sommes engagés. De plus, le pôle NSL nous a fortement aidé à construire des Consortiums de recherche privés-publics, s’appuyant particulièrement sur des équipes académiques de la Métropole Lilloise, qui supportent notre stratégie d’innovation. Je pense notamment au programme IT-Diab dont GENFIT est le chef de file mais qui n’a été possible qu’avec l’implication de quatre partenaires académiques majeurs de la métropole Lilloise : les Professeurs Bart Staels, François Pattou, Philippe Froguel, Didier Vieau. Ce programme de recherche d’envergure (budget global de plus de 20 millions d’euros sur 5 ans aidé par OSEO) vise à identifier de nouveaux biomarqueurs et de nouvelles approches thérapeutiques pour la prise en charge du pré-diabète et le diabète de type 2. Ce consortium regroupe autour de GENFIT des équipes scientifiques et cliniques françaises de renom et d’autres acteurs privés de la biotechnologie française (GENOWAY, SPIBIO, ROOWIN).

Par ailleurs, l’environnement d’affaires offert par le Parc Eurasanté, appuyé par la dynamique de décloisonnement entre la R&D pharmaceutique et la R&D agroalimentaire porté par le Pôle NSL, a aussi permis de concrétiser de nouveaux partenariats industriels avec des sociétés agro-alimentaires régionales.

 

Genfit a fêté en 2009 son dixième anniversaire. Depuis sa création, Genfit a bien évolué pour être reconnu aujourd’hui comme leader européen dans son domaine.
Quelles sont, dans le contexte actuel, vos perspectives de développement ?

Nos perspectives de développement visent principalement la valorisation du GFT505, notre candidat médicament propriétaire le plus avancé. Nous sommes très confiants et avons pour objectif de céder les droits d’exploitation à un grand groupe pharmaceutique capable de mener à terme la phase III du développement et la commercialisation du produit. Des discussions avec trois groupes internationaux sont en cours à ce sujet et un accord de licence et/ou de co-développement devrait être signé au cours de l’année 2010.

Outre le GFT505, GENFIT dispose d’ores et déjà d’un portefeuille de produits diversifiés et une nouvelle molécule propriétaire devrait entrer en développement dans les prochains mois.  Nous souhaitons également développer de nouvelles stratégies théranostiques et amplifier nos programmes de recherche exploratoires dans le domaine des maladies neurodégénératives.  Bref, l’année 2010 sera encore une année très riche et productive pour GENFIT !

 

www.genfit.com

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