François Bieber, fondateur de Kwanko, et Xavier Milin, fondateur de Basics Finance, étaient les invités de la conférence sur l’internationalisation des startups, organisée mardi 5 avril par Pramex International. L’occasion pour les deux patrons de conseiller les jeunes pousses sur les actions à entreprendre ou non, pour réussir leur lancement à l’étranger :

  • Choisir son degré d’internationalisation, et voir loin

Beaucoup de startups françaises ne visent pas tout de suite l’international et se confortent dans un développement national, voir régional.

Et c’est ce que l’on reproche aujourd’hui aux jeunes pousses françaises. De l’exportation au partenariat, en passant par la croissance organique (par création d’une structure) et la croissance externe (par acquisition), chaque stratégie d’internationalisation a ses avantages et ses inconvénients selon les besoins et les limites de chaque startup.

  • Cibler et prioriser les pays d’implantation

Avant de choisir le marché sur lequel on souhaite se lancer, il faut se poser les bonnes questions : ma startup et son offre justifient-elles une présence à l’international ? La croissance attendue est-elle un moteur suffisant pour investir et pérenniser l’activité ? Quel mode d’implication choisir entre une filiale, une acquisition, et une joint-venture ?

Une fois le pays choisi pour s’implanter, il faut également aller « là où est le business », explique François Bieber, soit dans la région, la ville ou même le quartier dans lequel on pourra créer une image de marque forte pour sa société.

  • Se méfier du rêve américain

Si l’expérience d’une implantation aux États-Unis est extrêmement enrichissante, voir dopante, le marché est également bien plus difficile et concurrentiel que ce qu’il n’y paraît.

Les coûts y sont très élevés, le marché force souvent les entrepreneurs à remettre entièrement en cause leur modèle et leurs idées, et il faut accepter de prendre également le risque de voir ses talents français quitter le navire, approchés par des entreprises aux postes et aux salaires avec lesquels la majorité des entreprises françaises ne peuvent pas rivaliser.

« Soit vous avez le produit miracle qui peut marcher, soit vous ne l’avez pas et vous avez 98% de chance de vous rater », explique Xavier Milin.

  • Avoir un réel « plus » à proposer

Quand une startup française se retrouve confrontée à un nouveau marché, les clients étrangers ne laissent sans surprise rien passer.

Si vous ne proposez pas mieux qu’un des acteurs du pays, alors les clients préfèreront acheter local et ne signeront rien avec vous“, confirme  Xavier Milin.

En somme, une entreprise qui arrive à challenger avec d’autres pays est gagnante sur deux tableaux : une implantation réussie à l’étranger et une force décuplée en France.

  • Évaluer la concurrence

Avant de vous implanter, repérez et connectez-vous avec un maximum d’acteurs de votre écosystème, en passant notamment par les réseaux sociaux professionnels“, conseille François Bieber.

Si le principe parait évident, il est pourtant souvent mis de côté par les startups, qui pensent à bâtir leur business avant de développer leur réseau. Il faut se faire connaitre, créer un lien avec ses concurrents, mais également trouver des contacts locaux prêts à aider dans les (nombreuses) démarches auxquelles les entreprises implantées doivent faire face.

Retrouvez l’intégralité de la présentation sur l’internationalisation des startups, présentée par Jatin Radia, directeur Grande-Bretagne de Pramex International. 

Pour aller plus loin : Pramex a publié en octobre dernier un guide “clé en main” dédié au développement des startups françaises à l’étranger. Nommé “s’implanter à l’international”, celui-ci regroupe conseils, analyses et études de cas de ses experts, selon les différents pays visés.